Steven TRONET, la victoire d’un sans-grade mais qui fait plaisir !

Photo FFC – Patrick Pichon
Photo FFC – Patrick Pichon

D

evant notre récepteur de télé, ce dimanche, la victoire dans le championnat de France sur route de Steven Tronet a procuré une certaine satisfaction. Et ce pour plusieurs raisons. Sportives d’abord,  parce qu’une fois de plus, le vieux proverbe « la glorieuse incertitude du sport » a pris toute sa mesure.

Franchement, qui aurait parié ne serait-ce qu’un centime sur ce garçon, professionnel depuis dix ans mais qui, jamais, n’avait vraiment défrayé la chronique.

Car ce championnat de France était voué à un succès d’un coureur portant le maillot d’une grande équipe : Cofidis, AG2 R La Montagne, la FdJ, Europcar. Ces grandes équipes ont tout tenté à l’image d’AG2R qui avait placé dans une longue échappée le Beauvaisien Christophe Riblon ; Europcar qui a cru longtemps en Thomas Voeckler, la FdJ où Arnaud Demare s’est battu avec un beau courage.

Cofidis a effectué un gros travail collectif en ramenant son sprinter Bouhanni dans le groupe de tête. L’affaire semblait bien amorcée lorsqu’à quelques centaines de mètres de l’arrivée, Bouhanni a été victime d’une chute spectaculaire.  Une chute qui aurait pu être plus grave mais qui heureusement ne lui a fait perdre que le maillot tricolore qui lui tendait les bras car vraiment toute l’équipe s’était mise à son service.

Mais c’est Steven Tronet qui a su profiter des circonstances. Lui, représentant d’une « petite » équipe Auber 93 qui est parvenu à s’imposer. Il fallait voir quelques secondes plus tard la joie de tout un groupe, coureurs, mécanos, et surtout ce bonheur qui irradiait les visages de Stéphane Javalet et Stéphane Gaudry.

L

e premier est celui qui, à bout de bras, porte depuis longtemps une équipe cycliste à Aubervilliers. La banlieue qui traine parfois une réputation sulfureuse. Mais voilà ce duo Javalet-Gaudry accomplit des miracles et mérite tout simplement un grand coup de chapeau.

Javalet et Gaudry sont des hommes que nous connaissons bien car chaque année et ce depuis un quart de siècle, ils sont des habitués du Grand Prix de la Somme organisé par P S P. Là bas sur place, nous avons le sentiment que noter ami Hubert Louvet, le président du comité de Picardie mais aussi le patron de PSP, a dû être heureux.

C

’est vrai qu’en France, on aime bien qu’un petit vienne damer le pion à un plus grand.

Notre ami Thierry Adam a raison lorsqu’il signale que la victoire de Steven Tronet, c’est un peu comme si l’Amiens SC, Quevilly et Calais avaient remporté la Coupe de France de football. Ces trois clubs sont parvenus en finale mais ils  ont échoué sur la dernière marche.

Steven Tronet lui a réussi son pari.

Il n’y a vraiment que lui qui croyait en ses chances. Et puis cette victoire qui nous fait plaisir, c’est l’illustration qu’une course d’un jour, disputée sans les oreillettes, peut être palpitante à souhait.

Bravo encore Steven et peut-être à l’année prochain au départ du Grand Prix de la Somme avec le maillot tricolore sur le dos.

Et figurez-vous que ce succès de Tronet nous fait un peu penser à celui de Jean-Claude Leclercq qui lui aussi avait su battre les grosses écuries du moment, voici trente ans.

 

 

Lionel HERBET – 28 juin 2015

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