Avec passion, Lionel HERBET, ancien journaliste sportif au Courrier Picard et adhérent à Promotion Sport Picardie nous livre quelques lignes sur le cyclisme d'hier et d'aujourd'hui.
Francis Van Londersele et Franck Morelle n'avaient pas voulu manquer le départ de Glisy
Il n'est pas trop tard pour revenir sur cette matinée de jeudi dernier à Glisy où se déroulait le départ de la deuxième étape des Quatre Jours de Dunkerque.
Il n'est pas fréquent en effet que la plus grande épreuve professionnelle depuis plusieurs décennies fasse étape dans notre département de la Somme;
Il convient une fois encore de rendre hommage à la municipalité de Glisy qui n'atteint pas mille habitants.
Si le spectacle était évidemment sur les routes, il est quand même intéressant de revenir sur les deux heures qui ont précédé le départ donné par le duo composé de Philippe Ermenault et de la ravissante Emma Miss Picardie 2025.
C'est ainsi que l'ancien directeur de l'équipe Cofidis mais aussi ancien CTR de la Picardie Francis Van Londersele était venu à Glisy à .. vélo évidemment.
En retraite celui qui a été à la base des carrières des plus grands champions picards notamment Ermenault, Gaumont, Seigneur, Casper notamment n'avait pas voulu manquer ce rendez-vous et revoir notamment son ancien collègue de Cofidis Alain Deloeil qui est devenu le directeur de course des Quatre Jours.
Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, Francis Van Londersele n'a jamais dirigé une équipe de Cofidis dans les Quatre Jours pour la bonne raison qu'Alain Deloeil était le directeur de l'équipe et qui plus est, un vrai nordiste.
Du coup, Van Londersele était au Tour d'Italie
"Je n'étais pas aux Quatre Jours car c'était le terrain d'Alain Deloeil et à cette époque les Quatre Jours ne venaient pas en Picardie
C'était feu le Tour de Picardie.
J'étais dans le même temps sur le Giro.
J'ai regardé la première étape de ces Quatre Jours et j'ai trouvé que c'était bien retransmis à la télé et bien commenté.
Il y a eu des chutes et cela s'explique car les coureurs prennent plus de risques. Il y a surtout le matériel et s'ils peuvent passer dans un trou de souris ils vont le faire.
A mon époque c'était quand même plus académique.
Je suis heureux que les Quatre Jours viennent chez nous en Picardie".
Quant à Franck Morelle qui fut rappelons le champion de France amateur et troisième de la même épreuve chez les pros (en 1997), il était présent à Glisy mais avec une anecdote qu'il nous a révélée.
"Cela se passait en 1992 et j'étais dans la petite équipe Eurotel.
Le départ de la première étape était le 5 mai et nous étions à Boulogne.
Mais au même moment arrive au monde mon premier enfant.
Je me alors suis barré et je n'ai donc pas participé à l'épreuve.
Quand j'ai arrêté ma carrière en 200,0 on est venu me chercher pour m'occuper de la ville et j'ai été élu en mars dernier à Aumale dans la nouvelle équipe municipale.
Je suis chargé du sport et du monde associatif".
Franck Morelle n'est évidemment pas le seul sportif qui se soit lancé dans la quête d'un poste d'élu et il estime que le fait d'avoir été un sportif de haut niveau peut être très bénéfique.
Dans les moments difficiles d'une carrière sportive, la notion qui est celle de ne rien lâcher est un avantage dans le monde de la vie politique.
Lionel Herbet
Nouvel homme fort du Sport à Amiens et sa Métropole
Bernard Bocquillon est surtout un passionné de cyclisme
Cela fait à peine une semaine que Bernard Bocquillon,, maire de Rivery et figurant sur la liste du nouveau maire d'Amiens M.Fauvet, a pris ses fonctions de responsable du sport à Amiens et sa métropole.
Il n'a pas attendu pour afficher sa présence et c'est ainsi qu'après avoir été présent sur les installations du R C Amiénois pour la réception du président de la Fédération française de rugby, le lendemain il répondait à l'invitation de Pascal Tranquille, président du district de la Somme de football et ce, à l'occasion de la 4e édition de la soirée des Bénévoles.
Bernard Bocquillon a bien voulu nous accorder un entretien à la Bodega, lieu de cette Soirée des Bénévoles.
Il est acquis que M. Bocquillon par ailleurs maire de Rivery ne débarque pas dans un univers inconnu.
Le sport il connait.
"Cela fait tout juste une semaine que j'ai été élu responsable des sports à Amiens et sa Métropole.
Je suis aujourd'hui maire de Rivery après avoir occupé les fonctions d'adjoint chargé des sports de 2008 à 2014
J'ai été directement à l'origine de la création de clubs d'escalade, de cyclisme er de gym musculation à Rivery.
J'ai été régisseur sportif pour Amiens Métropole pendant 38 ans durant mon activité professionnelle.
Je connais bien le sport car après avoir créé les clubs, j'ai également entrainé et j'ai obtenu des diplômes en escalade et en activité cycliste.
Je ne suis donc pas un débutant et je le répète, je connais bien le sport.
Je suis aussi un passionné de cyclisme et quand M.Fauvet m'a proposé d'être le responsable des sports, j'ai accepté cette mission.
Depuis une semaine, je prends connaissance des dossiers et du mieux possible, je ferais tout pour aider les associations.
On sait que les contraintes sont toujours budgétaires et nous ferons au mieux avec les budgets que nous aurons.
Je connais la situation de l"ASC Football.
Il faut aider ce club et ce quelle que soit la catégorie dans laquelle il se trouve;
Quand on aime sa ville et le sport, on se doit tout le temps de supporter au maximum les joueurs et son club.
Evidemment je regrette ce qui s'est passé la semaine dernière à la Licorne.
J'étais présent au stade
J'ai trouvé cela lamentable et je me suis dit : non ce ne sont pas des supporters qui ont agi comme cela.
Certes, je suis plus axé vers le cyclisme mais quand j'étais gamin, j'ai joué au football à l'ASPTT Amiens et j'ai bien connu M. Maurice Rémy qui était l'éducateur du club.
Dans l'immédiat il n'y a pas de chantier. Il faut en effet attendre le plan pluriannuel d'investissement d'Amiens Métropole
Nous allons recenser les demandes des maires des 39 communes , le recensement des travaux qu'ils souhaitent et par rapport au budget,, nous prendrons des décisions.
Je sais que sur Amiens, manquent des terrains synthétiques et pas seulement en football.
Je sais aussi que Hubert Louvet m'a contacté pour le Tour de la Somme cycliste mais cela ne peut se faire cette année car nous avons à Amiens à la même période Agora et les Médiévales. Ce sera plutôt en 2027".
Bernard Bocquillon conclut ainsi cet entretien:
"Je suis enthousiaste pour tout mais il faut savoir aussi partager et trancher à un certain moment
Je n'ai pas eu l'occasion de rencontrer mon prédécesseur Guillaume Duflot mais je vais le faire prochainement"
Lionel Herbet
Paul Seixas provoque un véritable emballement médiatique
Ce matin, l'annonce officielle de la participation de Paul Seixas au prochain Tour de France, a littéralement déclenché un véritable déchainement médiatique.
Dans la même seconde, sur les réseaux sociaux, l'information a été répandue et le midi dans le journal de France 2, on a annoncé la présence de Paul Seixas au départ de la Grande Boucle.
Ce même journal qui parfois oublie de rappeler certaines rencontres comptant pour la Coupe d'Europe de football.
Mais passons.
Toujours est-il que Paul Seixas qui, rappelons le, n'aura pas encore 20 ans à la fin du Tour a choisi le bon moment pour annoncer qu'il serait bien le 4 juillet à Barcelone au départ du Tour avec son équipe Décathlon-CMA-CGM.
Et ce Tour 2026, c'est exactement 40 ans après la dernière victoire d'un Français au Tour: Bernard Hinault.
Mais tout oppose Seixas 2026 à Hinault 1986.
Le premier est à l'orée d'une carrière que tout le monde espère la plus brillante possible et le deuxième disputait son dernier Tour et mettait fin peu après à sa carrière.
Combien de fois avons nous lu ou entendu la comparaison entre ces deux hommes.
Le Breton n'avait pas son pareil pour prouver qu'il était capable de tous les exploits.
Et notamment surmonter les difficultés, les chutes, les blessures.
Rarement le Blaireau n'a baissé les bras ce qui est une façon de s'exprimer pour un cycliste.
Bernard Hinault a été un immense champion avec le talent certes mais surtout un immense courage.
Quant à Paul Seixas, il est possible qu'il ait plus de talent qu'Hinault.
Mais ce dont nous ne sommes pas certain, c'est que le jeune prodige français jusqu'à présent n'a pas connu, et c'est tant mieux, des moments difficiles qui demandent le dépassement de soi même, c'est à dire tout simplement le courage.
N'empêche que nous attendons tous avec impatience le duel Seixas- Pogacar sur les routes du Tour de France en espérant que les spectateurs restent sur le bord de la route car ces derniers temps, les accidents n'ont pas manqué.
Lionel Herbet
Souvenirs
Deux mois avant sa mort, j'ai rencontré Jacques Anquetil
Le 18 novembre 1987, alors qu'il n'avait que 53 ans, Jacques Anquetil surement un des plus grands champions cyclistes que la France ait connus, décédait d'un cancer.
Le champion normand avait hélas joué avec le feu et n'avait jamais pris soin de sa santé.
Il payait surement au prix fort cette négligence.
Le jour même où Jacques Anquetil nous quittait, je me trouvais à la Chaussée Tirancourt reçu par un passionné de cyclisme M.Jean Claude Richard;
A la même table, se trouvait surement l'équipier le plus fidèle de Jacques Anquetil, Jean Stablinski qui fut champion du monde en 1962 mais aussi le dernier vainqueur du Tour de Picardie en 1965.
Quand Jacques Anquetil est décédé, nous est revenue en mémoire la visite du quintuple vainqueur du Tour de France
Il était en effet l'invité d'honneur des Boucles du Canton de Picquigny, une épreuve organisée par le club Samara U C présidé par Jean Claude Bulant.
Chaque année, était invité un ancien vainqueur de la Grande Boucle
Avant le départ les formalités administratives avaient lieu dans le village de Crouy Saint Pierre mais c'est à la Chaussée Tirancourt que j'ai eu la chance d'interviewer Jacques Anquetil grâce au maire André Sehet et ma première impression est qu'l était visiblement fatigué.
Il semble bien que ces Boucles du Canton de Picquigny à l'automne 87 aient été la dernière fois où Anquetil par ailleurs directeur des équipes de France, s'était déplacé pour la dernière fois car il souffrait beaucoup ainsi qu'il devait nous le déclarer.
"J'aurais du garder la chambre durant trois jours mais j'avais promis à M. Richard de venir. J'ai mal à ma jambe et j'ai de l'arthrose et je souffre.
Le cancer est une maladie qui se soigne comme une autre.
Il faut la démystifier
C'est avant tout le moral qui compte
C'est vrai que devant vous je fais semblant et je souris mais j'ai mal
Mais je ne vais pas pleurer devant les gens
Jacques Anquetil nous avait aussi résumé en une phrase sa rivalité avec Raymond Poulidor:
"Avant la France était partagée entre nous deux mais aujourd'hui ils sont tous derrière moi".
Lionel Herbet
Souvenirs
Le jour où je me suis retrouvé en face de Louison Bobet
Ce fut une des rencontres les plus brèves de ma vie avec un sportif de haut niveau.
Un champion même qui encore aujourd'hui demeure parmi les plus grands.
Nous sommes en avril 1959 et à cette époque, j'en termine avec les études à la cité scolaire d'Amiens;.
J'y ai passé cinq années qui m'auront permis de décrocher un diplôme certes modeste mais auquel je tiens toujours (BEPC).
C'est l'époque durant laquelle le Courrier Picard a l'habitude d'organiser des épreuves sportives comme par exemple la traversée d'Amiens à la nage, les 24 heures d'Amiens à la marche et le Tour de Picardie cycliste sans oublier les pesées des boxeurs avant les grandes soirées pugilistiques au cirque d'Amiens.
En ce printemps 1959, le Tour de Picardie se prépare et la cérémonie des dossards a lieu au siège du journal 14 rue Alphonse Paillat à Amiens.
Les coureurs défilent et passionné de cyclisme, je me retrouve devant le journal attendant fébrilement de voir et approcher les coureurs.
Et subitement j'aperçois Louison Bobet, le grand champion qui termine certes sa carrière mais a remporté trois fois le Tour de France en 1953-54 et 55 et est devenu champion du monde.
Faut il le rappeler, à cette époque, il n'y avait pas de téléphone portable ni d'appareils photos mais toujours est-il que je me retrouve dans un petit groupe de supporters.
Nous nous faisons photographier avec Louison Bobet qui va participer à ce Tour de Picardie avant de mettre un terme à sa
carrière en fin d'année 1959.
Je n'ai jamais revu par la suite cet immense champion qui a d'autre part réussi sa reconversion et qui est mort au début des années 80.
Mais jamais je n'ai oublié cet instant bref et magique d'autant que deux mois plus tard, j'étais engagé au Courrier Picard où je suis resté plus de 42 ans.
Lionel Herbet
Les passages à niveau qui se ferment, le grand danger des coureurs
Dimanche dernier, le Tour des Flandres a été exceptionnel quant à son déroulement avec la victoire du Slovène Tadej Pogacar qui a remporté son duel avec le petit fils de Raymond Poulidor, Mathieu Van Der Poel.
Quel match entre ces deux super champions et cela nous faisait penser à un combat de ..boxe avec deux hommes se rendant coup pour coup.
Et ce devant un public record et déchainé prouvant une fois de plus que la Belgique produit non seulement de grands champions mais aussi qu'elle se passionne toujours pour ce sport qui est pourtant décrié par ceux qui ne sont jamais montés sur un vélo.
Au delà de ce superbe moment, il nous faut revenir quelques heures plus tôt dans ce Tour des Flandres avec un passage à niveau qui se présente devant les coureurs mais qui, surtout, voit ses barrières s'abaisser car un train va bientôt passer.
Dans une course de ce niveau, il est évident que les organisateurs ont noté sur leur parcours ce passage à niveau et le moment probable où un train va passer. Ils informent alors les directeurs sportifs qui répercutent l'information à leurs coureurs.
Le problème est que si du côté de la SNCF, l'horaire ne change pas, pour ce qui concerne un peloton, il peut être soit en avance soit en retard.
Et ce détail est important car très vite, les organisateurs doivent prévoir rapidement cet instant où les barrières vont se fermer alors qu'arrivent à vive allure, les coureurs.
Depuis toujours ce phénomène existe dans le cyclisme professionnel ou amateur et à notre connaissance, jamais il n'y eut d'accident grave.
Les coureurs qu'ils soient isolés ou en peloton descendent alors de vélo qu'ils mettent sur l'épaule et traversent rapidement la voie.
Il faut faire très vite et le plus généralement, les organisateurs sont dépassés ou impuissants par la rapidité d'exécution des coureurs.
Les plus rapides ou les plus malins se retrouvent alors de l'autre côté de la voie mais pas tous et dès lors, pour les moins débrouillards ou les moins chanceux, il faut attendre que le train soit entièrement passé.
Les organisateurs doivent-ils dès lors arrêter momentanément la course?
Ou tout simplement la laisser se poursuivre tant il est vrai que les conséquences ne sont pas les mêmes selon que le passage à niveau se trouve plus ou moins loin de l'arrivée.
Tel était le cas dimanche dans le Tour des Flandres.
Certains coureurs ont bravé les conseils de prudence et ont quand même franchi la barrière baissée.
Sur un plan sportif, difficile de se prononcer et c'est là qu'intervient .. la Justice C'est ce qui est arrivé au Tour des Flandres et il est donc possible que des concurrents notamment Pogacar n'aient pas respecté le...code la route.
Alors ils risquent une amende, un retrait de permis au plan judiciaire.
Mais au niveau sportif, nous ne voyons vraiment pas pourquoi l'UCI qui régit le cyclisme mondial, disqualifierait Tadej Pogacar.
Toutefois, le sujet est tout de même important car si dimanche, tout s'est bien déroulé rien ne dit que dans le futur, nous n'aurons pas à déplorer un grave accident sur une voie de chemin de fer.
Lionel Herbet
Paris-Nice, la course au soleil, vous rigolez
Alors que dans le même temps se déroulait une des dernières épreuves des Jeux Paralympiques, la course cycliste Paris-Nice dont c'était l'avant dernière étape, a été caractérisée par l'arrivée de conditions atmosphériques déplorables.
A savoir la neige qui est tombée ce samedi matin aux environs de Nice. Une neige qui a contraint les organisateurs à prendre une décision drastique : diminuer le kilométrage et faire en sorte que cette étape ne comporte que ..47 kilomètres.
Surement une grande première dans l'histoire du cyclisme professionnel.
Et pourtant ce sport a toujours été confronté au mauvais temps et notre mémoire se souvient par exemple que Bernard Hinault avait remporté Liège-Bastogne-Liège sous des bourrasques de pluie glacée et de neige et que plus loin dans le temps, Charly Gaul avait remporté une étape de montagne dans le Tour d'Italie au terme d'une échappée en solitaire et marquée par de conditions atmosphériques dantesques et qui voyait de nombreux coureurs frigorifiés se réfugier dans des étables afin d'avoir un peu de chaleur auprès des animaux..
Ce samedi matin, on a vu la plupart des coureurs se diriger vers le podium pour la signature avec un ..parapluie. Du rarement vu dans ce sport.
Même réduite à 47 km, l'étape demeurait dangereuse pour les coureurs dont la grosse majorité aurait voulu rester à l'hôtel et ne pas prendre des risques inutiles.
.On imagine dès lors qu'une chute pourrait avoir de graves conséquences pour la suite de la saison.
Raison pour laquelle nous ne comprenons pas les déclarations de Laurent Jalabert qui en direct sur France 3, a critiqué l'attitude des coureurs à qui il a même reproché le pacte de non agression qui voulait que justement les coureurs ne se montrent pas trop combatifs.
Le cyclisme a toujours été un sport de plein air et il doit tenir compte des conditions atmosphériques..
Paris-Nice a toujours été appelé la Course au Soleil.
Ce n'est plus vrai et il faudra bien que les organisateurs quels qu'ils soient, tiennent comptent du changement du temps et que les saisons ne sont plus les mêmes que voici quelques dizaines d'années.,
Lionel Herbet
La guerre fratricide dans le monde du cyclisme français
La saison cycliste dans notre département a repris ce dimanche à Montdidier.
C'est le moment de dresser le constat suivant: ce sport si merveilleux qui a donné tellement de champions à la France et chez nous à la Picardie, ne se porte pas très bien. Certes sur le terrain, la première victoire chez les pros du jeune (18 ans) Paul Seixas laisse espérer de beaux lendemains et d'aucuns se prennent à rêver et à se dire qu'enfin, nous allons connaître le successeur de Bernard Hinault.
Depuis plusieurs années, ce sport est géré par deux Fédérations: la Fédération française qui gère tout le côté amateur et la ligue Nationale qui comprend mais oui quatre divisions: World Tour, Pro Teams, Continentales-Pro et Continental Fédérales.
Cherchons bien: ces quatre divisions ne comportent aucune équipe picarde. Ont disparu de la circulation le C C Nogent, le V C Saint Quentin notamment.
L'explication est bien évidemment d'ordre financier.
Cela coûte cher que d'avoir une équipe pro ou semi-pro car aux coureurs s'ajoutent les mécanos, kinés, médecins, soigneurs et l'administration.
Dans le contexte économique que nous connaissons, ce n'est donc pas surprenant que la Picardie soit à la traine.
Au delà de ces difficultés, vient s'ajouter une guerre sournoise qui oppose la Fédération française dont le président est Michel Callot et le président de la Ligue Xavier Jan.
Le litige qui oppose ces deux entités concerne le nombre d'équipes amateurs surtout Continentales Fédérales, invitées à participer à des courses professionnelles.
Sans entrer dans les détails, il semble que les deux présidents soient vraiment opposés et l'affaire est même allée jusqu'au Conseil d'Etat.
Une sorte de déclaration de guerre qui dans cette période, a un sens vraiment dérisoire.
Toujours est-il que le cyclisme n'avait pas besoin de cette guerre entre la FFC et la Ligue. Il semble bien que dans cette affaire, on ne connait pas encore qui sortira vainqueur mais à l'inverse, nous savons qui sera le perdant: le cyclisme et les coureurs.
Lionel Herbet
Ces cyclistes qui s'engagent dans la bataille des municipales
Nous sommes maintenant à moins d'un mois des élections municipales qui sont surement celles qui intéressent le plus la population française.
Un peu partout, nous assistons à cette prise de conscience et aussi, c'est surement une première, à cette volonté pour certains sportifs ou plutôt anciens sportifs de prendre leurs responsabilités et de s'engager.
Ainsi ces jours derniers, deux anciens coureurs cyclistes de renom ont décidé de s'engager dans leur commune respective.
A Aumale, c'est Franck Morelle qui fut champion de France amateur et plus tard un excellent professionnel qui rejoint une liste et à Mers les Bains, Jean Bernard Devos, autre représentant de ce sport cycliste et qui a été le créateur de la Côte Picarde, une des grandes courses cyclistes aujourd'hui hélas disparue.
Avant eux, un ancien coureur ayant participé aux Jeux Olympiques de 1972 Henri-Paul Fin a exercé avec réussite le poste de maire de Saint Fuscien. Sur le plan national, un champion de l'après guerre Jacques Marinelli avait été le maire d'une grande ville de la région parisienne Melun.
Et cette liste de sportifs voulant s'engager dans la vie municipale vient de s'agrandir avec la championne d'aviron Erika Sauzeau qui, elle s'attaque directement à la mairie de Bernaville et ce, en tête de liste. Elle vise ni plus ni moins que le poste de maire
A Amiens, ce n'est pas un ancien champion qui se présente devant les électeurs mais un journaliste de qualité, fier d'être Amiénois et qui a accepté de rejoindre la liste du maire sortant : Thierry Adam.
Maintenant cette liste n'est peut être pas close mais il est certain que le sport prend de plus en plus de place dans nos communes et que le regard des électeurs ne sera plus tout à fait le même.
Désormais, nos anciens sportifs seront jugés d'abord et surtout sur les résultats qu'ils obtiendront dans dans leur commune respective et non plus au plan sportif.
Dans un monde de plus en plus exigeant et qui ne pardonne rien, il est évident que nos sportifs n'auront pas le droit à l'erreur.
Bon courage néanmoins à Thierry, Franck, Jean Bernard et Erika
Lionel Herbet
Où sont passés les cyclistes d'antan?
La saison cycliste chez les professionnels a repris voici une semaine avec le G P de la Marseillaise qui a vu du reste la victoire de Bryan Coquard.
Les pros préparent le plus souvent leur saison soit sur la Côte d'Azur soit en Espagne. Des régions où il est censé faire plus beau que dans notre Picardie.
Chez nous et plus particulièrement chez les amateurs, il faudra patienter quelques semaines avant que ne soit officiellement lancée la saison sur route.
Nous avons la nostalgie de ces années au cours desquelles le Prix de Montdidier était la première course du calendrier en Picardie.
Le plus souvent, les organisateurs faisaient le plein au niveau des engagés et il leur arrivait même de refuser le départ à des coureurs retardataires.
C'est qu'à cette époque pas si éloignée du reste, le cyclisme se portait très bien dans le comité de Picardie qui, sous la houlette de son président Hubert Louvet, était propriétaire de son siège social à Amiens et qui avait un nombre important de licenciés.
Les coureurs préparaient à cette époque leur saison chez nous ou du moins chez eux. A l'inverse des pros, ils restaient dans leur environnement naturel.
Nous nous souvenons le week end de ces groupes de coureurs que nous croisions, quel que soit le temps et il arrivait que certains nous reconnaissaient et nous saluaient.
Oui c'était la belle époque du cyclisme picard avec ses pros qui ont marqué la belle histoire de ce sport mais aussi avec ses amateurs de qualité.
Le cyclisme picard était alors en plein essor avec les Gaumont, Seigneur, Capelle, Ermenault, Moreau, Gayant etc..
Et puis peu à peu, en début de chaque année, les coureurs s'entrainant en vue de préparer leur saison, sont devenus de plus en plus rares.
Au point qu'aujourd'hui, lorsque nous allons sur les routes afin d'effectuer notre marche, il est fort rare que nous rencontrions des coureurs qui préparent leur saison.
Aujourd'hui, ces cyclistes roulent le plus souvent en solitaire et ils sont moins nombreux que les coureurs .. à pieds qu'on voit de plus en plus nombreux .
Mais où sont donc passés les cyclistes d'antan?
Soit ils ont mis un terme à leur activité ou tout simplement ils se sont dirigés vers d'autres disciplines tel le Trail.
Lionel Herbet
Henri-Paul FIN, ce champion devenu parfait bénévole
Voici quelques jours, Henri-Paul Fin, le maire de Saint Fuscien a annoncé à ses concitoyens qu'il ne solliciterait pas le renouvellement de son mandat et qu'i passait la main.
Il n'est pas le seul dans ce cas mais Henri-Paul Fin représente tout de même un cas à part.
En effet, il est fort rare aujourd'hui que d'anciens sportifs abordent une nouvelle carrière en se lançant soit dans la vie politique soit qu'ils deviennent le maire de leur localité.
Un des plus célèbres sportifs qui ont ensuite été maire a été Jacques Marinelli coureur cycliste professionnel dans les années 50, adversaire de Fausto Coppi dans la montagne et qui fut premier magistrat à Melun durant de longues années.
Henri-Paul Fin a été lui aussi un cycliste réputé dans la région nordiste.
En 1972 il a même participé aux Jeux Olympiques de Munich avec l'équipe de France ( quatre coureurs) sur la distance des 100km.
C'est après l'arrêt de sa carrière qu'il s'est fixé à Saint Fuscien, une ville déjà sportive puisque nous nous souvenons d'une course .. cycliste avec au départ un authentique champion Régis Ovion qui fut champion du monde amateur en 1971 et champion de France professionnel en 1975.
Henri-Paul Fin n'était alors plus sportif de haut niveau mais très vite il est devenu un dirigeant dont on se souvient qu'avec Hubert Louvet, à l'époque président du comité de Picardie, il a été à l'origine de la création de Promotion Sport Picardie qui organise le Tour de la Somme devenu depuis Grand Prix de la Somme.
Henri-Paul Fin s'est pleinement investi dans cette fonction de président-délégué de PSP et un peu plus tard, il est devenu le maire de Saint Fuscien. Un poste qu'il a pleinement honoré avec un enthousiasme de ..bénévole.
Des bénévoles qui à Saint Fuscien se sont investis pour que leur commune soit connue et reconnue.
Henri-Paul Fin que nous avions photographié un jour à la Maison des Sports à Amiens devant le drapeau olympique, méritait bien ce petit honneur et nous lui souhaitons de bien profiter de la vie. Sans jamais toutefois oublier le cyclisme et ses amis de P S P.
Lionel Herbet
Souvenir
Fausto Coppi 66 ans déjà mais le souvenir reste vivace
Jamais je n'ai oublié ce 1er janvier 1960.
En me dirigeant à la cérémonie des vœux du Courrier Picard dont j'étais un jeune employé, la mort de Fausto Coppi m'avait bouleversé.
Oui Fausto Coppi comptait beaucoup pour moi qui, à cette époque, avait l'habitude d'écrire directement aux champions afin d'obtenir une photo dédicacée.
Trois ans avant sa mort, Fausto Coppi en personne, nous avait répondu par lettre dédicacée et avec une photo.
C'était la période qui voyait les champions prendre la plume pour répondre à leurs supporters mais dans le cas de Fausto Coppi c'était quand même quelque chose car il résidait à Novi Ligure et nous à Picquigny.
Cette lettre nous l'avons évidemment conservée précieusement.
Ce matin en parcourant sur les réseaux sociaux les communiqués de supporters italiens qui ont gardé leur ferveur pour leur champion, nous avons rajeuni de .. 66 ans.
Rarement la disparition d'un champion n'aura provoqué un tel déchainement de tristesse.
Coppi n'avait que 40 ans et il avait été victime d'une maladie alors qu'il était en Afrique. Il avait été rapatrié en Italie mais les médecins n'avaient pas les médicaments nécessaires pour le guérir.
Fausto Coppi était un homme qui aimait la chasse et la pêche et il est venu assouvir sa passion dans notre département plus particulièrement Longpré les Corps Saints.
Mais c'est évidemment le champion que nous n'oublions pas et nous sommes persuadés que sans la guerre, il aurait remporté plus de Tours de France et Tours d'Italie.
Fausto Coppi nous a quittés voici 66 ans mais il est toujours présent dans notre mémoire.
Lionel Herbet
